Critique de "Satyricon"
- 22 avr. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 mai 2025
☆ Note : 15/20
S'il y a un cinéaste à l'univers foisonnant, c'est bien Fellini.
Jeune homme, j'adorais me promener dans ses films qui tiennent beaucoup de ce mélange d'onirisme et de néoréalisme présents dans le cinéma italien des Sixties. Ses thématiques étaient pour moi assez incompréhensibles mais j'appréciais énormément le monde fellinien pour son visuel unique "Satyricon" fait partie de ces films qui, bien longtemps après l'avoir vu, continuent de vous obséder (dans tous les sens du terme).
Adapté de Pétrone, le film, qui a divisé à sa sortie est un condensé des thèmes et obsessions de Fellini. L'influence de Picasso est ici évidente. Un peu comme dans "Mama Roma" le film est construit autour de différentes scénettes toutes reliées aux deux protagonistes.
C'est la peinture d'une Antiquité romaine décadente qui fait écho à cette période où le film est écrit, c'est à dire la fin des Sixties. Un parfum de fin du néoréalisme italien et de la Nouvelle Vague.
À la différence d'Antonioni et son univers abscons, Fellini, lui, fait évoluer ses protagonistes dans des mondes imaginaires qui tiennent plus du rêve que de la réalité quotidienne. Satyricon ne déroge pas à la règle. Les personnages se croisent au gré des fantasmes de Fellini : ici des matrones généreuses (toujours avec Fellini). Là des vieillards lubriques.
Un réjouissant défilé qui parait sorti de la scène finale de "Huit et Demi " justement.
L'influence de Picasso que Fellini admirait profondément se retrouve dans deux scènes principalement : la scène de la pinacothèque et celle dans le labyrinthe avec le Minotaure.
L'amour des femmes et la passion pour la mythologie sont aussi des liens qui les unissaient artistiquement. On retrouve cet amour pour Picasso dans cet autre très beau film de Fellini "La Cité des Femmes".
Comme Picasso savait les peindre, Fellini a toujours su les filmer avec une exquise finesse mêlée à du désir, que l'on retrouve chez Ettore Scola et aujourd'hui Paolo Sorrentino. À croire que seuls les Italiens savent filmer les femmes. Mankiewicz aussi.
Film qui marque la fin d'une époque pour le cinéaste, Satyricon s'inscrit dans ces œuvres italiennes qui ont changé la perception du cinéma en proclamant la fin du néoréalisme de De Sica ou Rossellini entre autres. Dans les années 70, Ferreri, Risi, Scola et Comencini clôtureront cet âge d'or d'un cinéma italien qui attend toujours sa Nouvelle Vague.

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