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Merci Annie Hall

  • 14 oct. 2025
  • 6 min de lecture


Je pense aujourd'hui que j'ai  toujours été amoureux de Diane Keaton ... 

Non... En fait, j'en suis persuadé... 


A partir du moment où j'ai vu Diane sur grand écran, j'en suis tombé instantanément et follement amoureux... 

De son regard espiègle et mutin... Tout d'abord. 

De son sourire solaire ensuite ... 

De son rire dévastateur... 

De son humour si raffiné et si juste également.


Aujourd'hui, la tristesse de sa disparition m'envahit et pourtant, j'ai envie de me souvenir d'elle à travers quelques films dont les images me reviennent 


La trilogie "Le Parrain"


Dans la saga des films de Coppola "Le Parrain" tout d'abord. 


Kay était peut être l'unique personnage réellement positif. Un rôle secondaire certes... Mais qui, déjà, portait en elle, les prémices de ce qui allait faire de cette actrice l'une des plus aimées de sa génération. 


Etrangère dans l’empire Corleone, elle était celle qui voyait la vérité derrière la façade .

Comme nous et en dépit de ses actes, elle aimait Michael/Al Pacino. Malgré tout, contre tout. 

Jusqu’à ce qu'elle ne puisse plus en supporter les mensonges.  

Épuisé par le poids de ceux ci, et dans une scène mémorable de tension dramatique, elle lui révèle son avortement. Celui d'un enfant portant en lui les racines du mal. 

1Une des scènes les plus fortes de la trilogie. 


Et comment ne pas évoquer également l'une des dernières scènes de ces films où, malgré la peine dévastatrice qui la submerge face à la mort de sa fille, sur les marches de l'opéra de Palerme, elle porte sur Michael ce regard rempli d'une tendresse bienveillante face au cri inaudible et désespéré de cet homme voyant qu'il ne peut échapper à la tragédie... 

Déchirant. 


Diane et Woody 


Comment parler de Diane Keaton sans parler de sa collaboration avec Woody Allen ?  

Impossible. 

La collaboration entre Woody Allen et Diane Keaton est l’une des plus emblématiques du cinéma américain, marquée par huit films et une relation à la fois professionnelle et personnelle intense qui a commencé avec la pièce de théâtre puis le film "Tombe les filles et tais toi !". 


Diane Keaton va montrer toute l'étendue de son talent comique tout d'abord dans des comédies  comme "Woody et les robots" ou "Guerre et Amour", variation hilarante sur le roman "Guerre et Paix" de Tolstoi. 


Mais c'est surtout à travers les sublimes "Annie Hall"  (film que Woody Allen va spécialement écrire pour elle) et "Manhattan" qu'elle va devenir cette actrice unique et délicieuse comme seul le cinéma sait nous apporter... 


Affublée de pantalons d’homme et de cravates de travers. Annie Hall (le nom de son personnage est inspiré de son vrai nom) parle trop, rie trop fort, lance son "La-di-da ... La-di-da" comme on balance une vérité essentielle . 

Chaque mot est, d'ailleurs, chez elle, un éclat de vérité, Chaque silence, une porte entrouverte sur l’absurdité. 

Le film est rempli de scènes drôlissimes dans lesquels transparaissent la complicité immense entre les deux comédiens. Et Diane Keaton nous fait tant aimer cette femme libre et parfois maladroite qui croit que l'amour, même imparfait, même éphémère, mérite d'être vécu. 

Une dernière scène remplie de nostalgie et, quelque part, d'espoir sur la terrasse de ce café entre les deux anciens amants et notre cœur est emporté...

La profession ne s'y est pas trompé en lui décernant un Oscar pour ce rôle. 


Dans "Manhattan" ensuite. 


Magnifique ode à la déception amoureuse, au passage du temps et à l'amour du réalisateur pour sa ville, New York. 

Filmé dans un noir et blanc sublime, la ville est enveloppée de son brouillard et de son jazz, omniprésent, comme toujours chez Woody Allen. 

Dans ce film, Diane y incarne Mary, une intello aux opinions tranchées qui dans un premier temps rebute Isaacs Davis, auteur de sketchs, avant de l'attirer. 


Une femme pétrie de contradictions qui tombe amoureuse d'un homme qui cherche à fuir son âge et la mort à travers des relations qu'il ne maîtrise pas.  

“Je crois que les gens devraient rester ensemble toute leur vie, comme les pigeons. Ou les catholiques.”  

Cette réplique du film, sous ses airs humoristiques, en donne le ton. 


Diane Keaton y est une nouvelle fois merveilleuse et juste. Une Annie Hall qui aurait mûri... 


"À la recherche de Mr Goodbar" . 


Dans un registre totalement différent, Diane incarne dans ce film très sombre de Richard Brooks, Theresa une jeune femme qui se cherche désespérément en fréquentant, la nuit, la noirceur de l'âme humaine. Jouant la solitude comme une partition tragique voire désespérée, elle se retrouve prise au piège de la masculinité en essayant d'affirmer sa féminité, toute en fragilité contenue. De la tendresse à la violence, il n'y a parfois qu'un pas. 

Un film fort et dur qui marque une certaine prise de conscience, à Hollywood, des revendications féministes. 



"Reds" : Louise Bryant et John Reed ou le romantisme politique 



"Reds" est un film épique et historique qui raconte la vie et la carrière de John Reed, journaliste et écrivain américain, connu pour avoir chroniqué la Révolution d’Octobre 1917 en Russie dans son livre "Dix jours qui ébranlèrent le monde


Diane Keaton y incarne merveilleusement une femme forte, Louise Bryant, journaliste féministe et compagne de Reed. 

En montrant leur implication dans les mouvements politiques et sociaux de leur époque, notamment le socialisme et la révolution russe, le film explore à la fois leur passion pour la justice sociale et les tensions de leur relation amoureuse, tout en dépeignant les idéaux, les désillusions et la fin tragique de Reed, qui meurt en 1920 à Moscou.


Véritable réflexion sur l’idéalisme, mêlant grande fresque historique et drame intime, "Reds" est une œuvre foncièrement politique et engagée dans une Amérique secouée par un conservatisme et un anticommunisme primaire incarné par le nouveau président de l'époque, Ronald Reagan. 


Diane, encore une fois, chantre des revendications de son époque... 


"Le père de la mariée" et "Tout peut arriver " : l'âgisme comme nouveau combat. 


Dans un Hollywood impitoyable face au vieillissement de ses stars féminines, Diane Keaton décide au début des années 90 et pendant les années 2000 de se battre contre le diktat de l'industrie cinématographique qui décréte que passé 40 ans, une actrice n'est plus désirable. 


Dans deux comédies tournées à une dizaine d'années d'intervalle, Diane va faire évoluer l'image de la mère au foyer puis de la quinquagénaire américaine. 


Dans "Le Père de la Mariée ", remake d'un film de Vincente Minnelli  des années 50 avec Spencer Tracy, Keaton joue Nina une mère preocupée face à l’inévitable : le temps qui passe, les enfants qui grandissent. Elle est aussi le métronome dans cette famille qui voit sa stabilité menacée par le mariage de la fille aînée. 

Pilier sur lequel repose son mari Georges Banks, Nina est cette épouse patiente et compréhensive qui l’aide à traverser cette période de transition. Le film explore avec humour et tendresse les relations familiales, les peurs d’un père face au départ de sa fille. 

Diane Keaton lui apporte tout son charme et son sens inné de la comédie. Son duo avec Steve Martin est à ce titre une des belles trouvailles du film. 


A l'aube des années 2000, Diane Keaton a la cinquantaine rayonnante. 

En particulier, dans le beau film de Nancy Myers "Tout peut arriver" ("Something's gotta give"). 

Jack Nicholson interprète un coureur de jupons attiré par des femmes beaucoup plus jeunes que lui... 

Jusqu'à ce que le destin mette sur sa route, Érica Barry, la mère de l'une de ses jeunes conquêtes qui va le faire petit à petit, chavirer... 

Dans ce film, Diane Keaton forme avec Nicholson un duo exceptionnel, apportant beaucoup de naturel, d’humour et de tendresse à son rôle. Avec ses rides qui racontent une histoire et ses cheveux gris qui brillent, elle démontre que le désir n’a pas de date de péremption et que la beauté est une question de regard, pas de calendrier.




D'autres films auraient pu être cités (je repense maintenant à ce magnifique mélodrame méconnu d'Alan Parker "Shoot the moon") pour parler de cette actrice unique et de cette femme qui nous apparaissait si lumineuse et si proche. 


Quand l'objectif captait son regard, c'était pour nous montrer les failles de son personnage. Elle savait parler au cœur du spectateur. A travers ses rires que nous partagions. 

Mais aussi à travers ses larmes qui nous atteignaient en plein cœur . 


Comme dans cette scène inoubliable et déchirante à la fin de "Reds" où Louise Bryant retrouve John Reed sur le quai de cette gare. Vaincu non seulement par ses désillusions mais aussi par la maladie qui le ronge, Reed rentre aux États-Unis pour retrouver Louise. Leur étreinte est comme celle de deux amants lors de la première rencontre. Mais on lit dans les yeux de Louise, toute la nostalgie du monde. 

Celle du temps qui passe et qui emporte avec lui nos illusions amoureuses. 


Cette nostalgie, c'est celle qui m'étreint également aujourd'hui. Et qui doit étreindre tous ces cinéphiles transis que Kay, Annie, Mary, Theresa, Louise, Nina ou Erica laisse... 


La dernière réplique en voix off de Alvy Singer/Woody Allen à la fin de "Annie Hall" m'apparaît soudain comme une évidence... 

" J'ai compris quelle personne formidable elle était et combien c'était chouette juste de la connaître…"


Oui... Vraiment très chouette de t'avoir connu, Diane... 


Mon amour de cinéphile infini...

 
 
 

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Le Magicien d'Oz, Victor Fleming, 1939

Comment vous parler de moi sans vous parler de la responsable de cette dévorante mais délicieuse passion qu'est devenu le cinéma ? Il serait bien vain d'essayer car toute ma culture cinématographique lui est due et je lui en serai éternellement reconnaissant... 

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