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Critique de "Life of Chuck" de Mike Flanagan

  • 16 juin 2025
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 29 juil. 2025

☆ Note : 17/20






Et si tout s'arrêtait demain ? Que ferions nous des derniers instants qu'il nous reste à  vivre? Que retiendrions nous de notre passage sur cette planète ? Avec qui voudrions nous passer les quelques instants avant de rejoindre le néant? Les rêves d'enfance sont ils destinés à être des regrets d'adulte ?


Toutes ces questions sont celles que nous invite à nous poser le très beau film de Mike Flanagan. Un film naïf par moments certes. Mais traversé de fulgurances poétiques. 


Cette même naïveté qui caractérisait les films de Frank Capra. Une comparaison osée peut-être... Mais pas dénuée de sens.

J'y reviendrai.


Mike Flanagan, habitué au genre, et fer de lance de la Nouvelle Vague fantastique, l'a très bien compris. La sensibilité dont il avait fait preuve avec ses films et séries précédents (on repense aux excellentes séries "Haunting of Hill House", ou encore "Sermons de Minuit") se retrouve dans cette nouvelle adaptation de Stephen King, dont le metteur en scène semble friand. En effet, "Life of Chuck" est la troisième fois que Mike Flanagan pioche dans l'univers foisonnant du maître incontesté de la littérature fantastique (après "Jesse" et l'excellent "Doctor Sleep", suite de "Shining") 


Ici, on n'est pas dans le registre fantastique pur de "Ça" ou "Le Fleau"  (où on parlait pourtant déjà d'apocalypse) mais plus dans la veine intimiste de "Stand by me", de "Shawshank rédemption" ou encore "La Ligne Verte". 


Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il y a un parallèle évident entre l'univers de l'auteur de "Carrie" et celui du réalisateur. On y retrouve souvent les mêmes esprits perturbants et perturbateurs qui font douter des protagonistes hantés par un passé qu'ils essaient d'oublier. Faire résonner l'humain dans la peur indicible. Les héros de King et de Flanagan sont bien interchangeables.


Le film "Life of Chuck" reprend, en trois chapitres, l'audacieuse construction inversée du roman court publié en 2020.


Nous commençons donc par le chapitre 3. 


Le monde est en proie à des catastrophes naturelles et inexplicables. Tout s'emballe dans une inéluctabilité effrayante: Internet ne fonctionne plus, les embouteillages s'amplifient, et les étoiles s'éteignent mystérieusement... 

On est proche de l'apocalypse... 


L’ouverture, particulièrement réussie, montre une situation extraordinaire narrée de façon très originale. L’imminence de la catastrophe d’ampleur devient le centre d'exploration des relations humaines et des questionnements sur la fatalité.

Une humanité en quête de sens quand il n'y en a plus, en somme.


Dans ce chaos ambiant, on ne nous montre pas des phénomènes extraordinaires à coup d'effets spéciaux numériques. 

Non. 

Ici, on s'attache à la vie de personnels de santé désarmés quand leurs collègues décident de tout quitter pour profiter des derniers instants ou quand des enseignants démunis face à des élèves effrayés par le monde qui s'écroule, ne les écoutent plus.


Dans un début poignant, Mike Flanagan capte avec beaucoup d'émotion ces derniers instants, aidé en cela par les deux interprètes , Chiwetel Ejiofor et Karen Gillian.


Mais au fait... Qui est Chuck ? Dans ce début qui est aussi une fin, Charles Krantz alias Chuck apparaît d'abord au travers de panneaux publicitaires sur lesquels figurent les mots "Merci Chuck pour ces 39 ans".


Pour savoir pour quelles raisons, le monde a l'air d'exprimer sa gratitude envers cet homme qui vient d'être emporté par la maladie dans la fleur de l'âge, il va falloir avancer dans le récit... 

Ou plutôt reculer... Car le chapitre 2 va nous présenter plus précisément qui est Chuck...


Employé de banque ordinaire, Chuck est un homme ordinaire menant une vie ordinaire. Mais qui va connaître ses moments extraordinaires.  


Comme ce moment suspendu dans l'éternité, où, tel un Fred Astaire moderne, il est entraîné dans une danse endiablée au son de la musique d'une artiste de rue. Cette scène, filmée quasiment en temps réel, paraît tout droit sortie de "Lalaland".


Cette danse de Charles "Chuck" Krantz (Tom Hiddleston, formidable) restera certainement dans les mémoires, autant pour sa grâce, sa douce folie que pour ce qu’elle nous dit de la vie et de la façon d’aborder la mort. 


Tout comme elle, le film dégage un charme fou auquel il est difficile de ne pas succomber. Un charme que n'aurait pas renié Frank Capra tant elle rappelle une scène identique dans "la Vie est Belle".


La danse représente tout pour Chuck. Nous allons le découvrir en explorant son enfance dans le chapitre 1 qui clôt le film.


Une enfance marquée par la mort tragique et accidentelle de ses parents .

Il sera élevé par des grands parents bienveillants (Mark Hamill et Mia Sara, touchants) dans une vieille bâtisse où plane un mystère : celui d'une chambre scellée, de laquelle Albie Krantz son grand-père détient l'unique clé. 

Son secret ne nous sera révélé qu'à la fin du film. 

Un grand père qui lui demande de croire en la réalité et l'universalité des chiffres car les mathématiques expliquent tout ... Même les étoiles...


On revoit alors ce moment unique où, Chuck, à  11 ans, après avoir connu son heure de gloire lors du bal de fin d'année avec Lily sa partenaire de danse, contemple le ciel pour voir non pas une étoile qui s'éteint mais une étoile filante, symbole de ces moments merveilleux qui passent trop vite. 


Si dans ses œuvres précédentes, Flanagan racontait la mort à travers le regard de ceux qui restent, ici il raconte la vie et explore la temporalité avec une singulière mais bienvenue nostalgie. On y parle de ces moments de vie que l'on a pas encore vécu , ceux que l'on ne vivra jamais mais aussi ceux qui donnent toute cette saveur magnifique à la vie. 


A l'instar de "Benjamín Button", le film de David Fincher dont il récupère un peu la construction, "Life of Chuck" est un film pétri d'humanité mais aussi de nostalgie. Une saine nostalgie... 


"Je contiens des multitudes" . Ces mots , tirés d'un poème de Walt Whitman, qui reviennent comme un leitmotiv dans le film prennent alors tout leur sens.


En explorant les abîmes de la vie et en regardant ses sommets, on comprend que c'est dans la mort que la vie prend tout son sens.


Une fable surprenante mais tellement émouvante.


Rien que pour ça, on a finalement tous envie de dire "Merci Chuck !"

 


 
 
 

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Le Magicien d'Oz, Victor Fleming, 1939

Comment vous parler de moi sans vous parler de la responsable de cette dévorante mais délicieuse passion qu'est devenu le cinéma ? Il serait bien vain d'essayer car toute ma culture cinématographique lui est due et je lui en serai éternellement reconnaissant... 

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